Khufu et sa Grande Pyramide.

Khufu son Sphinx et sa Grande Pyramide :

Nous avons abordé dans le tronc de cette enquête, l’affirmation que la Grande Pyramide est a attribué à Khufu, pourquoi ?

Mark Lehner qui soutient que le Sphinx représente Khéphren, confirme par contre que le cartouche de Khufu a bien été retrouvé dans la Grande Pyramide, lorsqu’il la visita dans les années 70.

cartouche de Khufu dans la Grande Pyramide

Ce cartouche de Khéops qui fût retrouvé dans la Grande Pyramide par l’égyptologue anglais Richard Vyse le 27 mai 1837, est tracé avec une sorte de craie d’oxyde de fer rouge sur un des immenses et lourds blocs en granit de la chambre de décharge.

Le cartouche de Khéops se trouve sur le plafond sud à l’extrémité ouest :

chambre de décharge avec cartouche

Certains soupçonnent Vyse d’avoir dessiné lui-même le cartouche de Khufu, mais cette hypothèse est contredite par plusieurs points.

Vyse était davantage un militaire et un anthropologue qu’un érudit en hiéroglyphes, qu’est ce qui aurait stimulé Vyse à dessiner ce cartouche ?

Richard Vyse

En effet, la polémique sur la véritable identité de la Grande Pyramide est apparue bien plus tard, c’est à dire à partir du XXe siècle.

Un autre point et non des moindres est que l’égyptologue Flinders Petrie découvrit, la célèbre minuscule statuette du Pharaon Khéops en 1903.

C’est d’ailleurs parce que Flinders Petrie savait que le cartouche de Khufu se trouvait dans la Grande Pyramide, qu’il fût si ému de trouver la statuette.

Un Pharaon qu’importe celui-ci, avait plusieurs noms, plusieurs qualificatifs et grâce aux listes royales, c’est à dire la liste des noms de Pharaon, Pétrie a reconnu sur la statuette, le nom de Khufu, comme nous l’avons vu avec la liste des différents cartouches de Khéops.

Comment Vyse aurait il fait pour savoir comment s’écrivait le nom de Kufhu alors qu’à son époque, l’égyptologie connaissait à peine le nom de Ramsès grâce à la Pierre de Rosette qui venait à peine d’être traduite par Champollion et ses élèves ?

Le livre « Materia Hiéroglyphica » écrit par l’Anglais Wilkinson a été publié en 1828 et on dit que Vyse avait emmené avec lui, ce livre.

Materia Hieroglyphica

Mais le travail de Wilkinson était aussi succinct que l’égyptologie Française l’était dans les années 1830.

Pourtant certains comme Zecharia Sitchin affirment que Richard Vyse a recopié le cartouche de Khufu qui d’après eux, se trouvait déjà dans le livre de Wilkinson.

On peut lui demander : « Pourquoi Vyse l’aurait il fait et pourquoi ce nom de Pharaon là et pas un autre ?

A l’époque de Wilkinson, Khufu était un pharaon inconnu, c’est à dire que l’on ne savait même pas écrire son nom.

De plus, on attribue le statut d’égyptologue à demi-mot à Richard Vyse, tant cet ancien militaire ne s’encombrait pas de délicatesse, puisque c’est à coups de poudre à canon, qu’il s’est frayé un passage dans la Grande Pyramide

Un tel énergumène cherchait autre chose qu’à identifier le propriétaire de la Grande Pyramide, il cherchait sans doute, aussi et surtout un trésor, car à son époque, l’égyptologie rimait surtout avec marché d’antiquités.

Mais heureusement Richard Vyse recopia le cartouche de Khufu, qu’il nous a transmis dans son journal exposé au British Museum, voici la page où l’on voit le cartouche :

page de Vyse

Si Vyse avait simplement recopier le cartouche du livre de Wilkinson, il n’aurait pas fait ses recherches dans son journal pour essayer de lire le cartouche, dont visiblement, ni lui ni Wilkinson, ne savaient à quel pharaon, il correspondait.

Ce n’est que 30 ans après Vyse, que les égyptologues commencèrent à reconnaître le nom de presque tous les souverains de l’ancienne Egypte.

Notamment grâce à l’artefact que l’on nomme les Tables de Karnak ou Chambre des Ancêtres.

les tables de Karnak

C’est en 1844 que l’égyptologue Français, Emile Prisse d’Avesnes dont nous avons déjà parlé, qui ramena ce vestige en France, où sont inscrit en hiéroglyphes, les noms des pharaons, et qui depuis 1920 est exposé au Musée du Louvre.

Ces Tables de Karnak sont la liste des 61 différents souverains d’Egypte à partir de Snéfrou, le père de Khufu jusqu’à Thoutmosis III.

Ce vestige fût découvert d’abord par Jean-François Champollion et Ippolito Rosselini ( 1800 à 1843 ), lors de leur séjour du 17 août 1828 à mars 1830 en Egypte.

CHAMPO ET ROSSI

Champollion et Rosselini avaient décidé de publier un livre commun où chacun publierait ses travaux, à leur retour en Europe.

Mais Champollion décède 2 ans plus tard, le 4 mars 1832.

Rosselini suite au décès de son collaborateur, écrit au mois de Juillet 1832, à Champollion-Figeac, le frère de Champollion, pour lui signaler que puisque son frère est décédé, c’est lui, son Rosselini son collaborateur qui publiera le livre.

Champollion-Figeac n’est pas du tout d’accord sur ce point.

Mais Rosselini s’estimant dans son droit, publie malgré tout sa version italienne du livre prévu, sous le titre : « Monumenti stonci » en 1832 et « Monumenti civili » en 1834.

La version française en 4 volumes du livre : « Description de l’Egypte et Monuments d’Egypte et de Nubie » ne sera quant à elle, publié par Champollion-Figeac, qu’en 1835 pour le premier volume et 1845 pour le Quatrième et dernier volume pour la version Française.

Voici la couverture du livre des lettres de Champollion, on constate bien qu’elles ont été publiées après son décès, mais ce sont des lettres, pas encore le livre en question :

lettres de champollion

C’est dans cet ouvrage : « Description de l’Egypte et Monuments d’Egypte et de Nubie » peu importe la langue d’écriture qu’elle soit Française ou Italienne que les deux égyptologues ont fait publier la référence à la liste Royale où figurent les cartouches des souverains d’Egypte, dont celui de Khufu.

Cette affirmation provient de l’égyptologue Prisse d’Avesnes qui a récupéré cette liste dans des circonstances pas très honnêtes et qui a justifié son acte en soulignant que Richard Lepsius qui avait aussi lu le livre de Champollion ou celui de Rosselini, aurait pu s’en emparer.

Si Prisse d’Avesnes ne l’avait pas rapporté, qui sait comment aurait finie cette Liste Royale, sans doute, vendue par morceaux ou pire transformée en briques pour construire une habitation…

Le Papyrus de Turin même si il a été découvert en 1822, avant les Tables de Karnak, était encore illisible en 1828,

Papyrus de Turin

Même Champollion n’arriva pas à le traduire lorsqu’il se rendit à Turin où il séjourna de 1824 à 1825.

L’égyptologue Allemand Gustav Seyffarth tenta de traduire le papyrus de Turin, mais son livre : « Hiéroglyphes rudimentaires » publié en 1826 montre qu’il ne sait pas traduire correctement un texte hiéroglyphique.

D’autant, que le nom de Khufu n’ apparaît pas dans le papyrus de Turin, qui fût restauré depuis.

On y voit bien le cartouche de Snéfrou, le père de Khufu et même les cartouches de Khéphren, Mykérinos et Djédefré, mais pas celui de Khufu.

C’est donc bien, la Table de Karnak que l’on appelle aussi la Chambre des Ancêtres qui fournira le nom de Khufu, à partir de 1832 et non pas en 1828.

Ce fût donc possible seulement à partir de 1832 pour la version italienne du livre consacré au voyage en Egypte par Champollion et Rossilini et encore, cela ne signifie pas pour autant que tous les noms de pharaons étaient déjà identifiés.

Mais c’est en 1828 que Wilkinson publia son livre, de fait, puisque Champollion était cette année-là était encore Egypte, il fût impossible à Wilkinson de parler de Kufhu dans son livre et encore moins d’en dessiner le cartouche.

Ce détail de dates de publication détruit la théorie de Sitchin et son odieuse accusation.

D’autant que par la suite, d’autres cartouches de Khufu furent retrouvés à d’autres endroits :

autre cartouche identique de Khufu dans la chambre

La petite statuette confirmait que la Grande Pyramide était celle de khufu et inversement, le cartouche dans la Grande Pyramide confirmait que la statuette était bien celle de Khufu.

pyramide et kufhu

Pour ceux et celles qui se demandent comment ce cartouche dessiné à l’aide d’oxyde naturel de fer ocre rouge se trouve là, eh bien il faut savoir que les ouvriers des carrières qui extrayaient les blocs, y traçaient parfois des marques afin de s’y retrouver dans le montage de ceux-ci.

oxide ocre rouge

L’oxyde de fer d’ocre rouge était aussi utilisé pour tracer les repères du quadrillage nécessaire aux futurs représentations des personnages qui seront sculptés et peints.

tracé en rouge

Qui est le tailleur sculpteur du Sphinx ?

Il semble bien que cela soit Hem-Iounou, l’architecte de la Grande Pyramide :

Statue-of-Hemiounou

Hem-Iounou était le fils du vizir Néfer-Maât, un de frères de Khufu, il était donc membre de la famille royale.

Le mastaba de Hemiounou était avec celui du vizir Ankh-haf, le demi-frère de Khufu, un des plus richement décorés et des plus complexes. Sa tombe (G 4000) est très proche de la Grande Pyramide de Khufu dans le cimetière ouest de la nécropole de Gizeh.

La statue de Hemiounou est exposée au Musée d’Hildesheim, en Allemagne.

 

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